Résumé
La synthèse chimique des prostaglandines a été très développée ces 40 dernières années avec la stratégie proposée par Corey et al., faisant intervenir une formyl-lactone conduisant à la série trans, dérivée de l’action des cyclooxygénases (COXs). Le processus non-enzymatique, catalysé par les radicaux libres, de métabolisation de l’acide arachidonique, a présenté une nouvelle réactivité du radical arachidonyl en absence d’enzymes et également un intérêt croissant pour la synthèse des isoprostanes et de leurs analogues. L’activité biologique de ces composés a attiré un grand nombre d’équipes de recherche dans différents domaines, depuis leur détection chez l’homme au début des années 1990. La quantification de ces composés dans les fluides biologiques, comme marqueurs de peroxydation lipidique apparaît comme une avancée importante dans l’exploration du rôle et de la sévérité du stress oxydant en pathologie humaine. Récemment Yin et al. ont proposé deux mécanismes pour leur biosynthèse. Dans un premier mécanisme, un radical peroxyl subit des cyclisations 5-exo successives identiques au mécanisme enzymatique de la biosynthèse des prostaglandines. Un deuxième mécanisme passe par une cyclisation 4-exo du radical peroxyl conduisant, cette fois-ci, à un intermédiaire dioxétane. Pendant les deux dernières décennies, plusieurs stratégies de synthèse des isoprostanes et analogues ont été rapportées dans la littérature par différents groupes de chimistes. Enfin, à ce jour, Taber et al. ont proposé une nomenclature, approuvée par l’IUPAC, permettant de nommer toutes les isoprostanes quel que soit leur précurseur.