Résumé
La famille des Polyomaviridae est constituée du seul genre Polyomavirus dont les représentants infectentde très nombreux vertébrés. Si pendant près de 40 ans le BK polyomavirus et le JC polyomavirus sontrestés les seuls représentants humains, depuis 2006, 11 nouveaux polyomavirus humains ont été décrits.Le BK polyomavirus est responsable de néphropathies sévères ou de cystites hémorragiques chez certainspatients transplantés, et le JC polyomavirus est l’agent étiologique de la leucoencéphalopathie multifocaleprogressive du sujet immunodéprimé. Le regain d’intérêt pour cette famille virale s’explique en partie parles avancées en termes de thérapeutiques immunosuppressives en transplantation ou dans les pathologiesauto-immunes, qui ont légèrement modifié l’épidémiologie et la prise en charge des infections àBK et JC polyomavirus et d’autre part, bien sûr, par la découverte de nombreux nouveaux virus grâce àdes techniques moléculaires très puissantes. L’autre point d’intérêt majeur des Polyomaviridae est leurpotentiel oncogène clairement démontré in vitro ou dans des modèles animaux, mais toujours très controversépour les polyomavirus humains. Ainsi, la découverte du rôle du polyomavirus des cellules de Merkeldans l’oncogenèse d’un carcinome cutané rare mais très agressif, le carcinome à cellules de Merkel, aégalement relancé l’intérêt pour cette famille virale. À ce jour, le polyomavirus des cellules de Merkel est leseul polyomavirus humain pour lequel un rôle oncogène est admis. Parmi les nombreux autres nouveauxpolyomavirus humains décrits, seuls certains, comme le trichodysplasia spinulosa polyomavirus, ont étéassociés à une pathologie spécifique mais survenant sur des terrains très immunodéprimés. Si le spectredes infections imputables aux nouveaux polyomavirus humains n’est à ce jour que partiellement connu,il devrait s’élargir au fur et à mesure de ces nouvelles identifications.