Résumé
Parmi les nombreux sites archéologiques du Paléolithique moyen connus dans le Sud-Est de la France et les Alpes italiennes, la concentration de gisements dans l’arc liguro-provençal est remarquable. L’étroite bande littorale à sub-littorale méditerranéenne entre les Alpes du Sud et le front de mer a canalisé les déplacements des populations, tant humaines qu’animales. Cette situation géographique particulière bénéficie d’un microclimat régional caractérisé par des conditions tempérées, y compris durant les périodes froides. Ces facteurs géo-climatiques ont conditionné la nature et la composition des archéofaunes dont l’étude permet de préciser les modalités d’implantation et d’exploitation du territoire par les groupes préhistoriques.Les relations hommes-milieux dans l’arc liguro-provençal durant la seconde moitié du Paléolithique moyen s’appuie sur les recherches menées durant ces dernières décennies et sur de nouvelles analyses de vestiges fauniques. Suite à la présentation du contexte régional, nous questionnons les stratégies de subsistance et d’occupation du territoire à partir de l’étude archéozoologique et cémentochronologique de deux sites, l’un situé proche du bord de mer, l’autre dans l’arrière-pays, respectivement la grotte du Lazaret (UA29, OIS6) et l’abri sous roche de Pié Lombard (OIS5).Les résultats fournis par l’étude de la saisonnalité des activités de chasse et des profils de mortalité des proies principales, et les comparaisons à d’autres sites, mettent en lumière des tendances dans les modalités de gestion de ce territoire. Malgré une certaine variabilité, les sites côtiers semblent avoir enregistré plus souvent des occupations de longue durée (pluri-saisonnières) alors que les sites préalpins sont caractérisés par des occupations de courtes durées circonscrites saisonnièrement.