Résumé
Dans le bassin de Lodève (Hérault, France), le cours d’eau La Lergue incise les couches sédimentaires jusqu’aux argiles du Trias dans lesquelles viennent s’ancrer des glissements de terrain lors des épisodes de fortes pluies qui surviennent principalement après des périodes estivales chaudes et arides. Les failles et réseaux de fractures permettent alors l'infiltration des eaux de pluies jusqu'aux couches profondes, favorisant la déformation du versant. Comme ces glissements de terrain endommagent des infrastructures majeures comme l'autoroute A75, le risque gravitaire est très présent dans cette vallée. Des études sont donc essentielles pour documenter la géométrie complexe de ces glissements et mieux comprendre leur fonctionnement. Pour ce faire, l’Observatoire des sciences de l'Univers de Montpellier (Oreme) suit le glissement de terrain de Pégairolles de l’Escalette, en surface et en forage, dans le cadre du Service national d'observation Omiv. Sur ce site, l’objectif est de comprendre la dynamique du glissement en étudiant les relations entre précipitations, circulations de fluides et déformation au sein du versant.Les observations en forage ont permis de localiser les zones déformées en profondeur. Bien que précises, ces informations ponctuelles ne rendent pas compte de la variabilité spatiale du glissement. Pour y remédier, deux méthodes géophysiques ont été combinées en surface : la tomographie de résistivité et la gravimétrie. L’utilisation de cette dernière est plutôt rare dans ce type d’étude. Il s’agit donc ici d’une étude de faisabilité pour vérifier la pertinence de la gravimétrie à imager cet objet complexe.Les mesures de résistivité sont opérées dans le cadre du dispositif permanent mis en place en 2018 par l'Omiv. Trois campagnes de gravimétrie, réalisées entre 2022 et 2024 avec les équipements du Parc instrumental national (CNRS-Insu / Action Spécifique Gravimétrie Epos-France), ont permis l’acquisition de plus de 70 points sur l’ensemble du versant. Les analyses opérées sur les données recueillies ont montré que, malgré la faible amplitude du signal mesuré, la gravimétrie permet une cartographie de la zone déstabilisée. Son déploiement simple sur le terrain est un atout pour augmenter la couverture spatiale des mesures ou les densifier dans les zones d’intérêt, et ainsi contribuer à contraindre la géométrie 3D de ces objets complexes.