Résumé
Afin de clarifier leur relation taxonomique dans les Alpes, on a étudié des populations subalpines diploides et tétraploides du complexe des Lotiers du point de vue de leur distribution altitudinale, de leur morphologie, de leur phénologie et de leur polymorphisme génétique. En général, les diploides se cantonnent vers les altitudes les plus hautes et les tétraploides sont rencontrés à plus basse altitude. Les deux cytotypes sont présentés le long d'une frange de contact. L'origine autopolyploide des tétraploides a été mis en évidence sur deux loci enzymatiques, bien que aucun tétratvalent méiotique n'ait été observé. Les diploides et les tétratploides partagent des caractères morphologiques distincts des autres espèces de lotiers et montrent des différences de taille qui peuvent être attribuées aux effets du doublement des chromosomes. Le cytotype diploide pourrait ainsi être l'ancêtre du tétraploide alpin. Les deux cytotypes montrent des suites alléliques pratiquement identiques sur tous les loci et des paramètres génétiques très proches, excepté pour le niveau d'hétérozygotie qui est plus élevé chez le tétraploide. Cependant l'existence de quelques allèles spécifiques à chaque niveau de ploidie indique qu'il existe un flux de gènes limité entre les deux cytotypes, probablement dû à la ségrégation spatiale et au décalage des floraisons dans le temps. Une introgression génétique entre les tétraploides allochtones avec les autochtones est suggéré par des similitudes morphologiques.