Résumé
Le régime des feux est amené à changer, en particulier dans la région méditerranéenne, vers des événements plus intenses et plus fréquents. D'un point de vue prédictif, l'écologie basée sur les traits des espèces végétales offre un cadre approprié pour caractériser les réponses de la végétation au feu. En effet, les feux engendrent l'érosion des sols et diminuent les nutriments du sol, ce qui devrait entrainer une réponse des traits fonctionnels des espèces et de leur répartition à l'échelle de la communauté. Bien qu'il existe une vaste littérature axée sur les traits des espèces végétales impliqués dans la résistance au feu, la quantification des réponses des traits au feu à l'échelle de la communauté reste peu renseignée, en particulier pour les traits liés aux stratégies de ressources. Nous proposons ici de compiler trois bases de données différentes de végétation, de feux et de traits fonctionnels pour la flore du sud de la France. Nous avons analysé les relations entre ces trois composantes au niveau spécifique et des communautés. Le nombre de feux et la surface brulée n'ont pas eu d'impact sur les traits au niveau spécifique, aucune tendance ne se dégage. A l'échelle des communautés, un schéma clair est apparu entre le nombre de feux et la répartition des différents traits considérés, avec deux axes principaux: la hauteur végétative et la masse des graines d'une part, et la teneur en carbone et en azote des feuilles ainsi que la surface foliaire d'autre part. Cependant, nous avons montré que la hauteur végétative était corrélée fortement à l'indice d'aridité de la région étudiée. Synthèse : Nous avons ici analysé les relations entre le feu, la végétation et les traits fonctionnels, aux échelles spécifique et des communautés. Dans l'ensemble, il existe des relations directes très significatives entre le nombre de feux, la surface foliaire et la masse des graines. Pour les communautés ligneuses, la densité du bois est également fortement liée au nombre de feux. Ces résultats suggèrent que le feu pourrait avoir un impact important sur la réponse fonctionnelle des communautés végétales, alors qu'il n'est. pas structurant à l'échelle des espèces individuellement. De plus, cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre les mécanismes derrière la convergence des traits et la manière dont les communautés végétales répondent aux différentes pressions environnementales.