Résumé
Objectif. — Différentes interventions chirurgicales sont couramment pratiquées pour le traitement de la béance vulvaire associée à un syndrome clinique d’hyperlaxité vaginale (HV), mais elles sont peu étudiées. L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats cliniques et sexologiques après réduction introïtale chirurgicale.Méthodes. — Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective menée dans un seul centre d’urogynécologie. Toutes les femmes sexuellement actives qui ont eu une réduction introïtale chirurgicale pour HV entre mars 2015 et septembre 2020 ont été incluses dans cette étude. L’HV était définie comme un hiatus génital ≥ 4 cm selon la classification POP-Q, associée à des symptômes de laxité vaginale. Le critère d’évaluation principal était la santé sexuelle évaluée par le questionnaire sur la sexualité en chirurgie pelvi-périnéale (PPSSQ), tandis que les critères d’évaluation secondaires comprenaient la douleur postopératoire, les complications périopératoires, le taux de dyspareunie, la satisfaction des patientes et le taux de réussite basé sur l’indice d’amélioration globale des patientes (PGI-I) et le questionnaire sur la laxité vaginale (VLQ).Résultats. — Sur les 27 patientes auxquelles les questionnaires ont été envoyés, 23 patientes sexuellement actives ont renvoyé les questionnaires remplis et ont été inclus dans l’étude. Les participantes avaient un âge moyen de 41 ans (intervalle 24—74) et un IMC moyen et 21,3 (intervalle 17,6—31,9). Le symptôme préopératoire le plus fréquent était la sensation de laxité vaginale excessive dans 82,6 % des cas, suivie de la sensation de pesanteur périnéale dans 47,8 % des cas. Une dyspareunie préopératoire a été signalée chez 8/23 (34,8 %) des patientes. Les interventions chirurgicales ont consisté en une périnéorraphie avec (n = 14) ou sans (n = 9) myographie des releveurs de l’anus. Le score post-opératoire moyen de santé sexuelle du PPSSQ était de 86,7/100 (écart-type 5,8 ; intervalle 16,7—93,3) et le score moyen de gêne et de douleur était de 27,5/100 (écart-type 26,0 ; intervalle 0—80). La sexualité postopératoire a été jugée meilleure, identique ou pire chez 16 (69,6 %), 2 (8,7 %) et 5 (21,7 %) des patientes respectivement. Sur le PGI-I, les patientes ont déclaré se sentir beaucoup mieux, mieux, légèrement mieux et sans changement chez 10 (43,5 %), 5 (21,7 %), 5 (21,7 %) et 3 (13,0 %) d’entre elles respectivement. Aucune femme n’a déclaré s’être sentie moins bien. Le taux global de complications postopératoires était de 3/23 (13 %), comprenant un hématome périnéal et deux cas de réopération pour sténose introitale partielle. Une dyspareunie de novo a été signalée par 11/18 (61,1 %) patientes, survenant « souvent », « très souvent » ou « toujours » chez 4/18 (22,2 %) patientes, en raison d’un rétrécissement introital (n = 2), d’une sensation d’hyperlaxité persistante (n = 1) et d’une sécheresse vaginale (n = 1).Conclusion. — La chirurgie de réduction de l’introït vaginal est une option thérapeutique viable pour les symptômes d’hyperlaxité vaginale après l’échec des mesures conservatrices. Toutefois, les patientes doivent être informées du risque de dyspareunie de novo.