Résumé
Cette contribution propose une lecture inusitée des représentations entourant la demi-finale de la Coupe du monde de football opposant la France à la RFA, le 8 juillet 1982 à Séville. Produit et agent du processus historique par sa qualité de rupture socio-culturelle, ce fait sportif postule à être catégorisé comme événement. Pour les sciences académiques, et afin d’en mesurer les impacts sociaux, l’enjeu réside ainsi dans l’objectivation de sa nature. Par le truchement d’une analyse combinée de sa manifestation, de son devenir et de sa normalisation, la présente étude démontre la dimension évènementielle du drame de Séville. De fait, saisi et relayé par les médias sous une forme mythologique, il voit naître à son endroit un mouvement mémoriel pérenne. Si les sciences sociales rendent intelligible le caractère singulièrement identificatoire du football, elles échouent toutefois pour l’instant à expliquer ce passé qui ne passe pas.