Résumé
Explorer les liens entre les taux d’orexine(ORX) dans le liquide céphalo-rachidien et des marqueurs de fragmentation du sommeil nocturne à la polysomnographie(PSG).
Les PSG de 300 sujets non traités (45 % F, 30±16 ans, ORX 155±154pg/mL) ont été analysées. Les marqueurs étudiés étaient : les Wake Bouts (WB) (séquence continue d’époques de veille après endormissement), Sleep Bouts (SB) (séquence continue d’époques de sommeil), et transitions veille/sommeil. Les sujets ont été catégorisés en fonction de l’ORX : en tertiles (≤26, [26 ;254],>254pg/mL) et en 2 catégories (110pg/mL) ; et comparés par des modèles de régression logistiques ; les résultats ajustés sur âge, sexe et IMC.
Les sujets dans le tertile d’ORX bas avaient plus de transitions, et un nombre de WB plus élevé que ceux dans les tertiles moyen et haut, avec un effet dose (45,33,25, p<0.0001). Les WB courts (30sec), les plus nombreux, diminuaient en proportion, des sujets ORX élevé à ceux à ORX bas (60, 55, 50 %, p<0.0001), à l’inverse des longs WB (>2min) qui augmentaient (9.6,10.4,13.4 %, p=0.0001). Le nombre de SB augmentait quand l’ORX diminuait (26,34,45, p<0.0001), mais leur durée diminuait. Les SB courts et intermédiaires (≤14min) étaient plus fréquents chez les sujets ORX bas, puis la courbe s’inversait, avec un effet dose retrouvé. Les résultats étaient confirmés en 2 catégories, et dans les modèles ajustés.
Cette étude objective l’effet direct de l’ORX sur la stabilisation du sommeil. Les SB et WB sont des biomarqueurs de la fragmentation du sommeil, fortement corrélés aux taux d’ORX, avec un effet dose-dépendant.