Résumé
Surveiller l’évolution de la résistance (R) aux antibiotiques de
P. aeruginosa dans notre établissement afin d’optimiser la thérapeutique antibactérienne.
Le dénombrement d’infections/colonisations à
P. aeruginosa a été obtenu à partir de la base informatique du CHU. Les cas étaient considérés nosocomiaux lorsque le prélèvement était réalisé plus de 48 heures après l’admission du patient. Un test de Cochrane-Armitage a été réalisé pour évaluer l’évolution de la R.
Sur 2 051 infections/colonisations, 69 % étaient d’origine nosocomiale. Les b-lactamines les plus actives étaient la ceftazidime (CAZ) et l’imipénème (IPM) avec 17 et 15 % de R. La pipéracilline (PIP) et la PIP-tazobactam (TZP) (25 et 19 % de R) avaient une meilleure activité que la ticarcilline (TIC) et la TIC-acide clavulanique (TCC) (54 et 45 % de R). L’amikacine (AN) et la tobramycine (TM) étaient plus actives que la gentamycine (GM), respectivement 20 %, 22 % et 41 % de R. La ciprofloxacine (CIP) était la fluoroquinolone la plus active avec 29 % de R.
Les souches nosocomiales étaient significativement plus résistantes que les souches communautaires, notamment vis-à-vis de la CAZ (18
vs 14 %) et de la CIP (30
vs 25 %).
Le test de Cochrane-Armitage a mis en évidence une augmentation significative de la R des souches nosocomiales pour la CAZ, TCC et TZP. La R à la GM a diminué. La R des souches communautaires à la CIP, GM, TM, CAZ, PIP, et TCC a baissé significativement. Globalement, il a été noté une baisse significative de la R pour l’AN, la GM et la CIP.
P. aeruginosa reste majoritairement nosocomial. Bien que les taux de R aient diminué depuis 2002 en milieu communautaire, l’augmentation de la R des souches nosocomiales vis-à-vis de la CAZ, TCC et TZP est inquiétante, ces antibiotiques étant largement prescrits en milieu hospitalier.