Abstract
Six kilomètres tout au plus séparent les deux extrémités du transect couvert par l’école de terrain ORPAL du 21 au 23 janvier 2016. Malgré l’étroitesse de notre champ d’action, c’est une très grande diversité d’habitats naturels d’intérêt pour la biodiversité qui ont été visités et dont certains ont fait l’objet de relevés et/ou d’échantillonnages : terrains limoneux colonisés par la sansouire, prés ou steppes salé(e)s, mares et étangs saumâtres, mares temporaires sur calcaires marneux, pelouses calcicoles, garrigues à lentisque, kermès ou cade et pinèdes naturelles ou de reboisement... De par les nombreuses pressions anthropiques, en particulier l’urbanisation du littoral, le conservatoire du littoral acquiert en 1982, entre Vic-la-Gardiole et Frontignan, 85,2 ha de terrains situées au cœur des lagunes. Désormais, le site du bois des Aresquiers fait l’objet d’actions visant à préserver et à restaurer les milieux sensibles et uniques, à l’interface entre la mer, les lagunes et la terre. La montagne de la Gardiole n’est pas moins intéressante d’un point de vue écologique, car elle présente une diversité étonnante d’habitats liée à des facteurs locaux disparates (variations édaphologiques, géomorphologie, occupation du sol, perturbations...). Cette zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) est caractérisée par une végétation méditerranéenne dominée par des garrigues, des reboisements de conifères (pin pignon, cyprès d’Arizona et Cèdres de l’Atlas) et des pelouses sèches à brachypode. Comme les Aresquiers, la montagne de la Gardiole est cernée par des zones urbaines et les axes qui les relient. Ainsi, les enjeux de préservation et de conservation des habitats et de la biodiversité n’en sont pas moins importants. De cette succession et mosaïque de milieux, les groupes constitués se sont attachés à extraire et à valoriser des données géographiques et des marqueurs / proxies écologiques mobilisables pour des approches paléoécologiques, paléobiologiques ou paléoethnologiques, comme les mesures de diversité biologique, l’enregistrement pollinique et dendrochronologique, l’identification et la quantification d’ostracodes et de bois. Nous remercions particulièrement Tiphaine Salel pour l’aide apportée à l’identification des ostracodes. « De l’écologie et de la pédagogie avec de l’humain dedans ! ». Au niveau de connaissances, de compétences et de savoir-faire d’étudiants de 3ème année de Licence Sciences de la Vie / Ecologie Biologie des Organismes, les travaux d’ORPAL restent évidemment perfectibles. Toutefois, cette perfectibilité s’efface largement devant le bilan méthodologique, scientifique et humain de cette école de terrain et du stage en laboratoire qui a suivi. La conduite d’ORPAL a su intégrer les multiples facettes du processus de la recherche fondamentale sans en perdre de vue la dimension humaine et tout en apportant une réelle plus-value pédagogique.