Abstract
La problématique des effets de lieu n’est pas exactement synonyme d’un questionnement large sur la part explicative de l’espace. C’est une problématique inscrite aux échelles fines du niveau local qui reflète toute la complexité et toutes les tensions qui produisent les lieux. Elle démontre sa valeur heuristique dans le champ d’une géographie de la pauvreté, dont le projet est de saisir les interactions entre la position dominée des populations et des personnes en situation de pauvreté dans la société française et leur position dans l’espace. Partant de l’hypothèse que les effets de lieu sont un facteur aggravant du poids de cette domination sociale, l’article est structuré en trois parties. La première partie montre en quoi la problématique des effets de lieu se distingue d’une simple contextualisation-situation de la recherche et en quoi la transposition de la problématique des effets de lieu posée par Pierre Bourdieu dans La misère du monde (1993) est féconde pour avancer dans la compréhension du processus de disqualification sociale. La deuxième et la troisième partie précisent en quoi ce cadre conceptuel pertinent peut être nuancé et dépassé par les résultats empiriques tirés du cas d’étude de Strasbourg et du Bas-Rhin.