Résumé
Deux sous-espèces tétraploides du Dactylis glomerata L (ssp reichenbachiii (Hausm. ) Stebbins et Zohari , ssp glomerata) sont présentes dans les Alpes françaises. La première est confinée dans les pelouses subalpines d'exposition sud sur dolomie au dessus de 2000 m., la seconde se tient dans des habitats des substrats non dolomitiques principalement en dessous de 1900 m. Des études précédentes sur les variations allozymiques montrent que des introgressions génétiques entre les deux sous-espèces se produisent sur de vastes territoires. Par ailleurs, l'existence d'individus de morphologie intermédiaires qui apparaissent uniquement sur des bandes très étroites, suggère que les différences morphologiques et physiologiques entre les deux sous-espèces ont une signification adaptative . Des transplantations réciproques ont été mises en place pour étudier (1) l'existence de différences génotypiques en relation avec les caractéristiques des habitats (2) le niveau de plasticité phénotypique entre les deux sous-espèces. La différenciation génétique est confirmée par un effet interactif siteX taxon significatif pour tous les traits étudiés. Les glomerata produisent plus de talles , des feuilles plus longues et des tiges plus longues sur tous les sites, particulièrement dans son environnement d'origine. Par ailleurs, le fait que dans leur environnement d'origine, les population sde reichenbachii produisent plus de graines que les glomerata suggère une différenciation écotypique entre les deux sous-espèces. Ces résultas pourraient expliquer aussi pourquoi les glomerata sont inaptes à coloniser les habitats dolomitiques. Les reichenbachii montrèrent en effet une moindre plasticité phénotypique pour la longueur des feuilles et le nombre de talles. Ces caractéristiques rendent compte des réponses différenciées aux variations environnementales des plants issus de productif versus non productifs habitats.