Résumé
Between 80 000 and 150 000 marine birds wintering in the Bay of Biscay were killed during the “Erika” oil spill. Three complementary studies were conducted to investigate the geographic origins of these birds. The common guillemot, Uria aalge, represented more than 80% of the oiled birds and these studies thus focused primarily on this species. Analyses of 184 ring recoveries and biometry of 1851 corpses indicated that guillemots originated from a large geographic area, including colonies from across the British Isles and the North Sea, along with more northern localities. However, the majority of individuals came from colonies located between western Scotland and the Celtic Sea. The third study, based on a population genetic approach using microsatellite markers (samples from dead oiled birds and from more than 600 birds caught in 19 breeding colonies), showed little genetic differentiation among north-eastern Atlantic guillemot colonies. This result limits the ability to identify the geographic origins of the birds using only DNA samples, but reveals a significant amount of gene flow among colonies. Overall, results indicate the large spatial scale of the oil spill's impact and underline the usefulness of combining multiple approaches to assess the local and regional effects of such accidents.
La marée noire de l'« Erika » a décimé plus de 80 000 oiseaux marins hivernant dans le golfe de Gascogne, avec une estimation maximale de 150 000 victimes. Trois études complémentaires ont été mises en place pour évaluer l'origine géographique des oiseaux impactés. Le guillemot de Troïl, Uria aalge, représente à lui seul plus de 80 % des oiseaux mazoutés et ces travaux concernent principalement cette espèce. Il s'agit de l'analyse des reprises d'oiseaux bagués (portant sur 184 guillemots bagués comme poussins et retrouvés échoués), d'une étude biométrique (réalisée sur 1851 cadavres) et d'une étude génétique (réalisée sur des échantillons d'oiseaux échoués et sur plus de 600 prélèvements provenant de 19 colonies de reproduction). Les résultats des deux premières études montrent que les guillemots sont originaires d'une vaste zone géographique, englobant l'ensemble des colonies des îles Britanniques et de mer du Nord ainsi que des colonies plus septentrionales, mais en proportion variable. En effet, la grande majorité des oiseaux touchés est principalement originaire des colonies situées entre l'ouest de l'Écosse et la mer Celtique. La troisième approche a utilisé des marqueurs génétiques neutres (microsatellites). Elle montre une faible structuration génétique des populations, ce qui limite les possibilités d'identifier par cette méthode l'origine géographique des guillemots, mais souligne l'importance des flux de gènes entre colonies à l'échelle de l'Europe du nord. L'ensemble de ces résultats montre la grande étendue géographique de l'impact de la marée noire et souligne l'intérêt de combiner des approches à différentes échelles pour préciser les effets locaux et régionaux d'un tel accident pétrolier.