Résumé
Les récifs coralliens des zones intertropicales font partie des écosystèmes marins les plus riches mais aussi des plus vulnérables. Le blanchissement corallien, qui affecte de plus en plus fréquemment ces formations, est un processus de dépigmentation des colonies coralliennes qui traduit une détérioration de la symbiose qui existe entre les zooxanthelles et les polypes du corail. Cette symbiose permet la construction du squelette corallien (Goreau et Hayes, 1994). Les causes de ces dégradations seraient aussi bien liées aux changements climatiques qu'au résultat des actions anthropiques sur les récifs ainsi que sur les bassins versants associés (Faure, 1994). Détecter et cartographier ce phénomène constitue depuis plusieurs années un enjeu scientifique et opérationnel (Andréfouet et al., 2000). Encore aujourd'hui aucun satellite ne fournit la résolution spectrale, spatiale et temporelle nécessaire à la détection et au suivi de ce phénomène des zones intertropicales permettant de déboucher sur des indicateurs de perte de biodiversité. L'objectif de cette étude est une contribution à l'élaboration d'une chaîne opérationnelle d'acquisition et de traitement d'images destinée au suivi à grande échelle de la santé de ces écosystèmes. Cette recherche intègre une réflexion sur l'adéquation entre plates-formes d'acquisition d'image et thématique. Elle comporte deux étapes principales : la production de prises de vue aériennes d'Ultra-Léger Motorisé (PVA/ULM) à Très Haute Résolution Spatiale (THRS) orthorectifiées en zone faiblement immergée et l'extraction d'objets géographiques pertinents par classification orientée-objet. L'étude mise en oeuvre montre les difficultés que représente l'extraction des parties du récif ayant subi un blanchissement à THRS et propose une amorce de solution à travers une esquisse d'analyse diachronique.