Résumé
Cette étude analyse l'évolution d'une population de Tortue d'Hermann située en marge du massif des Maures sur une période de 30 années, sur la base de suivis par capture―recapture. Elle montre une baisse considérable des effectifs adultes (73 %) entre le début des années 1980 et 1999, puis une stabilisation de la population aux alentours de 100 individus adultes à partir de 1999. Cette chute des effectifs sur la première période semble liée à une addition de facteurs. L'augmentation de 22 % du couvert forestier entre 1983 et 1995 accroît la concentration des pontes sur quelques zones ouvertes, ce qui favorise leur découverte par les prédateurs naturels de l'espèce. Des débroussaillages mécaniques conduits en 1989 et 1994 ont certainement amoindri les effectifs de la population. La pression exercée par les chiens (actuellement 97 % des sujets adultes présentent des traces de crocs et 7 % des amputations de membres) vient ajouter une menace supplémentaire. De plus, les impacts de crocs de chien sur les carapaces de tortues ont provoqué une perte des marques individuelles au cours du temps, biaisant ainsi les estimations de survie. La stabilisation des effectifs depuis une dizaine d'années semble due à l'arrêt de certaines pratiques (débroussaillages mécaniques notamment). En revanche, la structure démographique (quasi absence de juvéniles) laisse craindre un effondrement prochain de la population. Cette situation semble propre à cette population et non généralisable à l'ensemble des populations de la Provence.