Résumé
Dans le discours de nombreux dirigeants politiques et observateurs, « l’Europe de la défense » constitue un idéal à atteindre ou l’exemple le plus éclatant des défaillances de l’Union européenne. Mais qu’en est-il réellement des coopérations tissées entre les administrations des politiques militaires en Europe ? À partir d’une étude approfondie de la plus grosse commande d’avions militaires de tous les temps – 180 transporteurs militaires – signée entre les États et Airbus en mai 2003, cet article offre un début de réponse à cette question en développant l’hypothèse que, au cours des années 1990, une réinvention de « l’européanisation » de l’acquisition des armes a eu lieu. Fondée sur une convergence des administrations nationales, notamment française et britannique, la nouvelle forme de collaboration a débouché sur un niveau d’intégration transgouvernementale inédit et surprenant qui incite à parler d’une« nouvelle Entente cordiale ».