Abstract
Dans ce texte, nous analysons l’évolution avec l’âge des bonshommes dessinés par des enfants européens et nous questionnons l’universalité de ce dessin. Nous confrontons l’approche universaliste, pour laquelle le développement des capacités graphiques suit un processus endogène indépendant de la culture, et l’approche culturaliste, qui insiste sur le caractère historiquement daté et culturellement déterminé des représentations humaines. Les spécificités culturelles observées (thèmes des dessins, particularités graphiques) suggèrent que des enfants de cultures différentes produisent des dessins dont les spécificités sont parfois suffisantes pour en faire des variantes culturelles incompréhensibles au lecteur qui ne connaît pas les symboles utilisés. Nous nous interrogeons sur le statut du dessin comme codage réaliste ou langage graphique et, pour terminer, nous risquerons quelques implications pédagogiques.