Résumé
Dans le prolongement de nombreux travaux sur la réussite universitaire et la transition psychosociale d’étudiants entrant à l’université, nous avons fait le choix d’aborder celle-ci sous l’angle de la caractérisation de ces étudiants sous forme de profils psycho-cognitifs. Ainsi, c’est par la combinaison de dimensions telles que la motivation, l’approche de l’apprentissage en profondeur et les croyances épistémiques dont on connaît désormais l’influence sur la réussite universitaire que nous avons tenté de dégager ce que nous nommerons des « profils académiques » en raison de leur relation à la connaissance et aux apprentissages. La combinaison de ces variables a été abordée grâce à l’utilisation d’un outil statistique : le clustering. Notre étude porte sur des données recueillies auprès de 2168 étudiants dans dix parcours de formation différents. Cinq profils académiques sont ainsi repérés et analysés et nommés comme suit : les scolaires, les universitaires, les curieux, les énigmatiques et les résignés. Ils se distinguent par leurs composantes cognitives et psychologiques similaires au sein d’un même regroupement. Ces profils sont ensuite affinés grâce aux données d’entrée (académique, sociale et personnelle), aux données de bien-être (soutien social perçu et difficultés ressenties) et à la réussite universitaire. L’objectif est de pouvoir repérer chez ces profils des ressources intrinsèques plus que des obstacles à leur réussite, avec pour perspectives d’offrir aux enseignants une connaissance complémentaire de ce public relativement hétérogène, pour envisager des changements de discours, de méthodes, de postures à leur égard, et accompagner ainsi leurs acquisitions.