Résumé
Depuis trente-cinq ans, l'Armée française permet à ses soldats de concevoir des matériels utiles à l'exercice de leurs métiers. Cette « innovation participative » se réalisait à bas bruit. Depuis 2018 et la création de l'Agence d'innovation de défense (AID), elle fait l'objet d'un soutien institutionnel plus marqué, lequel reconfigure le travail d'innovation entrepris par les militaires. Nous proposons ici d'analyser les effets de ce processus « d'agencification » de l'innovation par et pour les opérationnels et rendrons compte des tensions qu'un tel mouvement peut générer.