Résumé
La population est un concept pratique qui peut devenir un piège. En effet, diverses questions de génétique des populations ne peuvent pas être résolues si on se contente de les étudier à ce niveau. Il est montré que l’intensité de la dispersion, dans la mesure où elle est génétiquement déterminée, n’est pas sélectionnée au niveau de la population au sens classique. Un modèle simple, étayé par des observations in-situ (sur Carduus), semble montrer qu’un ensemble plus vaste, la métapopulation, peut seul rendre compte des processus en jeu. De ce point de vue, l’espèce est considérée non plus comme composée de populations indépendantes mais de métapopulations où chaque population est régulièrement fondée par les autres et évolue ensuite sous l’action de phénomènes internes. Ces processus internes se produisent-ils au moins tous au niveau de la population ? Il semble que non pour certaines espèces au moins, peut-être une majorité, où chaque individu n’est potentiellement fécondé que par un échantillon non représentatif de l’ensemble. Ce problème avait déjà conduit WRIGHT à formuler le concept de voisinage. Chez le Thym, l’intégration des 3 niveaux (Métapopulation, Population et Voisinage) permet d’expliquer des phénomènes (taux très élevés de femelles) qui restaient incompréhensibles tant qu’on cherchait à les décrire par des modèles fondés sur la seule idée de population.