Abstract
Le “longe côte” ou “marche aquatique” est une activité émergente inventée sur les plages dunord de la France en 2005, par Thomas Wallyn, entraîneur d’aviron. Il rencontre un fortengouement notamment auprès des femmes de plus de 50 ans. La Fédération Française deRandonnée a obtenu la responsabilité de son développement en 2016. Au sein de ses clubs, desnormes techniques et un équipement obligatoire ont été définis : chaussons, gants, combinaisonsnéoprènes en hiver. Cet article questionne le rapport que les pratiquants entretiennent àl'équipement. Au-delà de ses fonctions évidentes de sécurité ou de lutte contre le froid, ilapparait comme un signe de démarcation identitaire. Mais, les comportements observés dans lecadre des clubs ou sur les plages, une enquête par questionnaire et des entretiens avec desparticipants, révèlent une fonction plus latente. Dans un contexte de sportivisation de l’activitéet de volonté de l’institution fédérale de diversifier ses adhérents (notamment “d’attirer desjeunes”), l’usage de l’équipement témoigne de la tentative des adeptes de “maintenir” leurcorps, preuve d'un travail des apparences s'imposant au corps vieillissant et pesant de manièreplus importante sur les femmes que sur les hommes.