Résumé
Au lendemain des révolutions libérales du XVIIIème siècle, la question de la représentation deviendra prégnante dans la littérature politique du XIXème siècle. Dans l’élan des écrits de Sieyès, émergera un profond scepticisme à l’égard de l’aptitude du peuple à décider souverainement dans la plénitude de ses moyens cognitifs. En atteste l’éminente figure de John Stuart Mill dont les travaux sur le gouvernement représentatif renferment des aspects particulièrement favorables à l’idéal épistocratique. Cet auteur est en effet connu pour avoir défendu la thèse du suffrage capacitaire qui consiste à ne réserver le droit de vote qu’aux personnes les plus instruites. Ce tropisme élitaire préfigure ce qu’il est permis d’appeler une épistocratie libérale.