Abstract
Le colloque organisé à l’occasion des 40 ans de la création du CEPEL a été l’occasion de revenir sur les circonstances et le contexte de celle-ci. Il a ainsi conduit à établir un état des séquences qui ont jalonné l’histoire de l’entreprise, à partir d’archives lacunaires et de mémoire vive. Il s’est d’abord agi de chroniquer l’hostilité dominante à la moindre reconnaissance de la science politique par et dans la Faculté de Droit de Montpellier avant comme après 1968. Puis de rendre compte des contextes conflictuels qui ont favorisé l’implantation de la discipline dans la structuration des représentations et enseignements du droit, souvent en rapport avec un passé problématique. Par ailleurs, la dialectique entre formations universitaires académiques locales et installation spécifique d’une communauté politiste nationalement autonome, a secrété un champ expansif de la recherche. Son ancrage dans une « aire » légitimée par le CNRS (« l’Europe du Sud ») et la valorisation de thèmes et réseaux afférents, a permis l’implantation d’un foyer proactif et comparatiste. Son attractivité a participé de l’expansion de la science politique dans les Facultés de droit en France dans cette période de la fin des années 1990. Sa visibilité a été augmentée par le lancement de la revue Pôle Sud. Tout ceci a suscité une dynamique permettant la conquête d’institutions universitaires traditionnelles, jusqu’à un projet de création d’un Institut d’Études Politiques reconnu par et dans l’Université de Montpellier. L’échec de celui-ci, dû essentiellement à des facteurs et conflits politiques externes, s’est finalement soldé par l’assimilation complète à la Faculté traditionnelle devenant « de droit et de science politique ». Les éléments réunis dans cet article concernent donc tout autant un cas d’espèce singulier et la synergie entre un faisceau de facteurs politiques, académiques, institutionnels. C’est ainsi une contribution à l’histoire des pratiques liées à une expérimentation de parcours et interactions généralement oubliées dans les processus de transformation des structures universitaires.