Résumé
La méthode hydrogéomorphologique de détermination des zones inondables a été mise au point il y a une vingtaine d’années. Son principe en est simple : les limites externes du lit majeur d’un cours d’eau constituent la courbe enveloppe des crues passées de ce cours d’eau. Ces limites externes sont déterminées par l’étude des photographies aériennes et par celle du terrain en combinant la micro-topographie (en particulier l’existence de talus), la granulométrie des dépôts (ceux du lit majeur sont généralement formés de limons et d’argiles) et la couleur de ces dépôts (ceux du lit majeur sont souvent plus sombres que l’encaissant). Certaines formes de l’occupation actuelle ou ancienne des sols (parcellaire, localisation et répartition des sites archéologiques, des habitations et des bâtiments d’exploitation, des voies de communication) sont également utilisées pour confirmer les limites obtenues.Très longtemps négligée, cette méthode naturaliste est maintenant intégrée dans celles préconisées par les plans de prévention des risques (PPR), en raison de sa fiabilité, de sa facilité de mise en œuvre et de son faible coût. Elle figure maintenant aux côtés d’approches plus traditionnelles, en particulier de la méthode hydrologique-hydraulique nettement plus coûteuse. Les récentes et nombreuses catastrophes qui se sont succédées depuis une quinzaine d’années dans le Midi méditerranéen français, de Nîmes (1988) au Gardon (2002), ont montré, à la fois, l’insuffisance de la méthode hydrologique-hydraulique et la fiabilité de la méthode hydrogéomorphologique.Cependant, la méthode hydrogéomorphologique peut être encore perfectionnée en replaçant la période actuelle dans le cadre de l’évolution des lits majeurs à échelle historique, voire holocène.