Résumé
Un processus d’esthétisation kitsch des représentations de l’altérité est présent dès les premiers spectacles de l’industrie du divertissement jusqu’aux jeux vidéo industriels contemporains. Éclairé par le travail de Valérie Arrault, l’ambiguïté de la notion de stéréotype accompagne une transformation esthétique et marchande du monde, ce que Marc Augé nomme le phénomène de disneylandisation de la globalisation. La légèreté, le cool, une forme de permissivité, un relativisme, le jeu de l’amalgame et du simulacre légitiment cette transformation en créant non plus un vide ou des mots cadavres mais de multiples satisfactions hédonistes, éphémères permettant de créer et compenser une réalité sans horizons utopiques. L’esthétique kitsch au sein des jeux vidéo mondialisés, définit de nouvelles normes esthétiques et des standards culturels dans lesquels des personnages féminins, métis et hybridés, aux interfaces ubiquitaires sont conçus comme des puzzles ethniques, où chaque morceau correspond à des cibles marketing. Étant elles-mêmes stéréotypées, ces amalgames de cibles permettent de donner aux joueurs de l’économie globale l’illusion d’une diversité unifiée dans laquelle ils peuvent s’identifier facilement. Les mots et les formes expressives influencent nos réalités et lorsqu’elles deviennent incompréhensibles, elles favorisent une forme de désengagement et de soumission. Dans cette communication, je propose d’explorer le processus de dévitalisation et d'esthétisation kitsch des signes, afin de percevoir le sens caché, sinon l’absence de sens, contenu dans les jeux vidéo à grande diffusion et de remettre le signe stéréotypé en mouvement dans l’histoire en présentant ma pratique plastique de l’artgame : Nodja au pays des enfants Mo’Coeurs.