Résumé
La notion de culture intermédiaire a clairement évolué historiquement, en fonction du service recherché,passant par exemple de la notion d’engrais vert à CIPAN (piège à nitrate) dans les années 1970 à1990, et aujourd’hui nous proposons d’utiliser l’acronyme de CIMS pour parler de culturesintermédiaires multi-services). Ces CIMS sont utilisées pour produire des services écosystémiques enpériode d’interculture. Ce sont des cultures qui ne sont pas récoltées, elles sont enfouies ou laissées ensurface du sol. Les CIMS permettent de produire simultanément différents services écosystémiques,avec plus ou moins d’efficacité en fonction des espèces ou du mélange d’espèces semées, de leurmode de gestion, de la situation pédo-climatique et de la succession de cultures de vente dans laquelleelles sont insérées. Les services produits concernent i) la gestion de l’azote (effet piège à nitrate), ii) laprotection physique du sol, iii) le stockage de carbone, iv) la réduction des bio-agresseurs (mauvaisesherbes, pathogènes), v) la pollinisation, vi) l’esthétique du paysage. Le bouquet de services qui peutêtre produit par la CIMS et l’éventuel compromis recherché entre les services produits doit être définiexplicitement afin de choisir la bonne espèce ou de concevoir l’assemblage d’espèces à implanter. Ungrand nombre de familles botaniques peuvent être utilisées comme CIMS (crucifères, graminées,légumineuses, composées, autres familles). Toutefois, il convient de choisir des espèces non hôtes desmaladies et ravageurs des cultures principales, ceci pour limiter les éventuels dis-services. De plus,pour maximiser les services écosystémiques rendus par les mélanges d’espèces, il est nécessaire quel’association permette une bonne complémentarité de développement et de croissance. Enfin, nousfaisons l’hypothèse que les CIMS, avec des espèces bien choisies et gérés avec des itinérairestechniques adaptés, peuvent être un levier efficace d’une écologisation des systèmes de culturefrançais, sans nécessairement avoir besoin de transformer radicalement le système, ni le niveau detravail du sol