Résumé
Durant toute la seconde partie du XX e siècle, le droit économique calédonien s'est incarné dans un interventionnisme réglementaire se traduisant notamment par un large contrôle des prix, sans référence aux dispositions habituellement prises pour favoriser les mécanismes concurrentiels de marché. Le début des années 2000 va cependant constituer le début d'un renouveau, à la fois en consacrant un principe général de liberté tarifaire et en introduisant explicitement en droit calédonien la prohibition des ententes et des abus de position dominante. Mais en dépit de ces avancées juridiques certaines, la délibération adoptée le 6 octobre 2004 demeure pour le reste de sa rédaction encore très des conceptions relevant plus du droit commercial ou du droit de la consommation que d'un réel droit de la concurrence. Surtout, la décennie qui va suivre son adoption va être émaillée de réintroductions de contrôles tarifaires venant annihiler les effets potentiellement bénéfiques d'une libération des prix, tandis que, parallèlement, aucune action ne sera conduite dans les faits pour réprimer les pratiques anticoncurrentielles nouvellement interdites. Paradoxalement, ce sont sans doute ces inefficacités qui vont attiser le désir de modifications plus radicales du droit calédonien et conduire progressivement à l'adoption d'un véritable droit local de la concurrence en 2013.