Résumé
Ce 26e rapport ornithologique de Camargue s'inscrit dans la continuité d'une longue tradition commencée en 1930, peu après la création de la Réserve Botanique et Zoologique de Camargue, devenue par la suite Réserve Nationale de Camargue. L'ornithologie a toujours tenu une place importante en Camargue. Entre 1930 et 2012, 25 rapports ont été publiés.Ce rapport ornithologique couvre l'ensemble de la Camargue, de la Crau et des Alpilles et les années 2013 à 2018. La pression d'observation n'a cessé d'augmenter avec l'augmentation des données disponibles. Alors que l'édition précédente était basée sur 400 000 données d'observation, plus de 900 000 données d'observation ont été réalisées sur la période 2013 à 2018. Certains faits importants comme le déplacement de la colonie de Flamants roses Phoenicopterus roseus de l'étang du Fangassier (Salin-de-Giraud) sur les salins d'Aigues-Mortes. Ce constat est toujours lié aux difficultés de mise en eau suite au démantèlement des stations pompages ayant eu lieu après la vente progressive de 6500 ha de terrains par la Compagnie des Salins du Midi au Conservatoire du Littoral. À cela, s'est ajouté la présence régulière de prédateurs sur le site du Fangassier comme le Renard roux Vuipes vulpes ou le Grand-duc d’Europe Bubo bubo. Ces six années ont vu l’apparition de neuf nouvelles espèces sur la zone étudiée. En hivernage, une nette baisse du nombre d'Oies cendrées Anser anser été constatée avec des effectifs passant de 4800 individus en 2013 à 2400 en 2018. Les effectifs de Fuligule milouin Aythya ferina sont également en chute constante. Quant à l'hivernage du Fuligule morillon Aythya fuligula, il est pour ainsi dire devenu relictuel. Plusieurs nouvelles observations hivernales de Crabiers chevelus Ardeola ralloides ont été effectuées sur la période. Le nombre de Grues cendrées Grus grus hivernantes poursuit sa progression pour dépasser les 15000 oiseaux en 2018. Une nette baisse des effectifs nicheurs de Crabier chevelu Ardeola ralloides a été observée. L'effectif est passé de plus de 600 couples en 2014 à 189 en 2018. Il en est de même pour le Héron cendré Ardea cinerea qui voit le nombre de nicheurs passer de 793 couples en 2014 à 418 en 2018. En revanche, certaines espèces comme le Grand Cormoran Phalacrocorax carbo, la Spatule blanche Platalea leucorodia ou la Cigogne blanche Ciconia ciconia montrent des augmentations progressives du nombre de reproducteurs et d’autres, comme l'Ibis falcinelle Plegadis faicinellus continue leur progression spectaculaire. La Talève sultane Porphyrio porphyrio est à nouveau présente dans bon nombre de marais d’eau douce suite à la vague de froid de 2012 qui avait nettement freiné son expansion. Il a été constaté en Crau un fort taux de consanguinité chez le Ganga cata Pterocles alchata induisant un nombre de jeunes peu élevé survivant au premier hiver. La Glaréole à collier Glareola pratincola se maintient autour de 70 couples chaque année, par contre, un nombre important de jeunes a été élevé en 2017 (1,9 jeune à l'envoi par couple). Chez les laro-limicoles coloniaux de Camargue, la baisse du nombre de nicheurs continue chez le Goéland leucophée Larus michahellis alors que l'Avocette élégante Recurvirostra avosetta, le Goéland railleur Chroicocephalus genei et la Sterne naine Sternula albifrons ont connu des effectifs records depuis 1956. L’Aigle de Bonelli Aquila fasciata a connu une très mauvaise année de nidification en 2018 avec aucun jeune à l'envol. Durant les périodes hivernales et migratoires, il a été mis en évidence une très forte augmentation du nombre de données concernant le Busard pâle Circus macrourus et le Pouillot à grands sourcils Phylloscopus inornatus. Les observations de Pouillot sibérien Phyloscopus collybita tristis ont aussi augmenté. Enfin, une très forte hausse du nombre de contacts (tant au niveau des sites où l'espèce est présente qu'à celui du nombre de données) a été enregistrée chez le Bruant proyer Emberiza calandra en période de nidification.