Résumé
La main est le site le plus touché par l’arthrose, elle touche dans 18 % l’interphalangienne proximale (IPP). Elle est plus handicapante dans la vie quotidienne à l’IPP qu’à l’IPD. Pour la prise en charge de ces douleurs, il existe 3 solutions : l’arthrodèse, l’arthroplastie et la dénervation. Les deux premières sont invasives et irréversibles. Il existe plusieurs voies d’abords décrites : la voie latérale bilatérale, la voie dorsale et la voie palmaire.
Le principe de la dénervation est une section des branches à destinée articulaire des nerfs digitaux palmaires propres décrit initialement par FOUCHER sans induire de déficit sensitif distal. Elle ne coupe pas les ponts à la prise en charge future par les deux autres solutions. Elle est indiquée chez les patients douloureux ayant une arthrose primaire ou secondaire, avec une amplitude articulaire préopératoire de plus de 40° sans instabilité IPP.
La technique par voie palmaire (vidéo) :•sous anesthésie locorégionale avec garrot à la racine du membre et sous grossissement optique (×3,0–3,5) ;•voie d’abord palmaire type Bruner avec une incision centrée sur l’IPP.
Après ouverture du ligament de Grayson, les 2 pédicules sont individualisés. Chaque nerf digital est repéré, libéré et séparé de façon douce et atraumatique par rapport à l’artère digitale du pli de flexion métacarpophalangien au tiers proximal de la 2e phalange.
Les branches nerveuses se dirigeant vers l’artère digitale et l’articulation IPP sont repérées et sectionnées sans électrocoagulation bipolaire en préservant les branches vasculaires à destinée de la gaine des fléchisseurs et de l’articulation IPP.
Les branches nerveuses sont sectionnées sans électroagulation.
La fermeture cutanée par points séparés (4/0).
Une mobilisation d’emblée en postopératoire est indiquée avec autorééducation dans toute l’amplitude articulaire de l’IPP.
Les avantages de cette technique : l’amélioration des douleurs de 85 %, l’amélioration du quickDASH, un maintien de résultats à moyen et long terme et l’absence d’influence sur l’évolution arthrosique. Peu de complication (SDRC résolutif) et une reprise simple car elle permet soit l’arthroplastie soit l’arthrodèse.
Les limites sont : l’absence d’amélioration des amplitudes, l’absence de correction de la clinodactylie qui est souvent un motif de consultation.
C’est technique chirurgicale fiable et reproductible. Permet une prise en charge douloureuse efficace sans couper de ponts aux autres techniques.