Résumé
A laboratory experiment was carried out with the litter of 7 Mediterranean species of plants to compare their mass losses during the initial leaching phase of decomposition. To this end, the leaf and needle litter of deciduous, marcescent (deciduous species in which the withered leaves remain on the tree for several months) and evergreen broad-leaved species and pine was immersed for 10 days in demineralized water, in the dark at 22°C. Samples were taken at 1, 6, 24, 72, 168 and 240 h. Depending on the species, the litter lost between 7–15% of initial dry mass, and water content values were between 130–360% of dry mass. The water absorption rate was positively correlated with the initial cellulose content of the litter and negatively correlated with the initial leaf density, but the water content at the end of the experiment, the leaching rate and the total mass loss were uncorrelated with any of the initial litter characteristics studied. For 100 g of litter at the start (as dry matter), the losses after 240 h of immersion in water were, when they were significant, 5–8 g of C, 70–130 mg of N (significant for 3 species), 4–40 mg of soluble sugars and 3 g of inorganic elements (significant for only 2 species). In contrast, the quantities of lignin and cellulose in the litter remained unchanged. Most of the leaching losses (50–80%) therefore consisted of C. During leaching, the litter showed a tendency to become more concentrated in cellulose and lignin and poorer in sugars. Pine needle litter was distinguished by its low water absorption and low mass loss during leaching. In general, the litters of deciduous species were more absorbent than the litters of evergreen species. In contrast, the losses of water-soluble substances were not significantly different between these 2 groups of litters. In the broad-leaved species, the losses of water-soluble substances were slower and 2–3 times lower, compared to results already published for species from mesic biomes.
Une expérience en laboratoire a été réalisée avec les litières de 7 espèces méditerranéennes afin de comparer leur perte de masse au cours du lessivage, phase initiale de la décomposition. Dans ce but, des litières d'aiguilles et de feuilles (une espèce de pin et des espèces décidues, marcescentes et sempervirentes) ont été immergées pendant 10 jours dans l'eau déminéralisée, à l'obscurité et à 22°C. Des échantillons ont été prélevés au bout de 1, 6, 24, 72, 168 et 240 h. Selon les espèces, les litières ont perdu au total entre 7–15% de leur masse sèche initiale, et leur teneur en eau a atteint entre 130–360% de leur masse sèche. La vitesse d'absorption d'eau est corrélée positivement à la teneur initiale des litières en cellulose et négativement à la densité initiale des feuilles; par contre la teneur en eau atteinte à la fin de l'expérimentation, la vitesse de perte en masse ou la perte de masse totale ne sont corrélées à aucune des caractéristiques initiales étudiées. Pour 100 g de litière au départ (en matière sèche), les pertes au bout de 240 h d'immersion dans l'eau ont été, lorsque les différences étaient significatives, de 5–8 g de C, de 70–130 mg d'azote (significatives chez 3 espèces), de 4–40 mg de sucres solubles, et de 3 g d'éléments minéraux (significatives chez seulement 2 espèces). Par contre, les quantités de lignine et de cellulose n'ont pas changé dans les litières. L'essentiel des espèces). Par contre, les quantités de lignine et de cellulose n'ont pas changé dans les litières. L'essentiel des pertes (50–80%) a donc été constitué par le C. Au cours du lessivage, les litières ont montré une tendance à se concentrer en cellulose et en lignine, et à s'appauvrir en sucres. La litière d'aigulles de pin s'est distinguée par une faible absorption d'eau et une faible perte en masse au cours du lessivage. En général, les litières des espèces décidues ont été plus absorbantes que les litières des espèces sempervirentes. Par contre, les pertes en substances hydrosolubles n'ont pas été significativement différentes entre ces deux groupes de litières. Chez les espèces feuillues, les pertes en substances hydrosolubles ont été plus lentes et 2–3 fois plus faibles, comparées aux résultats déjà connus sur des espèces de biomes mésiques.