Abstract
La crise écologique bouscule les savoirs scientifiques établis, elle requiert à ce titre une plusgrande réflexivité de la part des chercheurs pour ce qui est de leur rapport distancié au terrain.La question se pose de savoir comment favoriser une interconnexion qui leur permettrait de serendre attentif aux singularités des territoires. Souhaitant contribuer à ce mouvement, nousavons organisé une « sortie de terrain » avec des hydrologues pour analyser leur posture et leurspratiques. Nos résultats montrent que, s’il existe plusieurs rapports au terrain, ceux-ci ne sontjamais tout à fait dénués d’engagement sensible, corporel et esthétique, quand bien même cesengagements sont habituellement tus. Nous questionnons les postures épistémiques deschercheurs embarqués dans notre expérimentation et discutons des possibilités nouvelles quis’offrent pour le dialogue interdisciplinaire.The ecological crisis is shaking up established scientific knowledge, and as such requires greaterreflexivity on the part of researchers in terms of their distanced relationship with the field. Thequestion is how to encourage an interconnection that will enable us to be attentive to thesingularities of the territories. With a view to contributing to this movement, we organised a'field trip' with hydrologists to analyse their attitudes and practices. Our results show that, whilethere are many different relationships to the field, these are never entirely devoid of sensitive,physical and aesthetic engagement, even if these commitments are usually kept quiet. Wequestion the epistemic cultures of the researchers involved in our experiment and discuss thenew possibilities for interdisciplinary dialogue