Résumé
La pyrale du maïs, Ostrinia nubilalis (Hübner, 1796) (Lepidoptera : Cram1b1i8d5ae), est une espèce polyphage ravageuse du maïs, divisée en une race se nourrissant sur le maïs (Zea mays L.) et une race se nourrissant sur l’armoise (Artemisia vulgaris L.) et le houblon (Humulus lupulus L.). La détermination du type de plante hôte sur lequel des adultes capturés in natura se sont développés à l’état larvaire permettrait de quantifier, en conditions naturelles, les taux de croisements intra- et inter-races, ainsi que la distribution spatiale et l’oviposition des individus issus des deux races. Nous montrons ici que les isotopes stables du carbone sont des indicateurs fiables du type photosynthétique (C3 ou C4) des plantes hôtes, et ce quels que soit le type de nourriture consommé par les adultes et l’intensité de leurmétabolisme. En effet, bien que la nourriture ou le métabolisme des adultes aient un effet significatif sur la teneur en δ13C des ailes, l’intensité de ces effets est trop faible pour brouiller le signal provenant de la plante hôte. De même, les valeurs de δ13C des pontes et des spermatophores reflètent parfaitement la plante hôte d’origine respectivement des femelles et des mâles, et ce indépendamment du régime alimentaire des papillons. Dans la littérature, nous avons répertorié 224 espèces de plantes hôtes d’O. nubilalis, dont 19 ont un type photosynthétique C4. Toutefois, le maïs est probablement la seule source significative d’adultes issus de plantes en C4 en zone tempérée. De manière concordante, les valeurs de δ13C des ailes de papillons capturés in natura sont plus variables chez les individus présentant des valeurs de δ13C typiques de C3 que chez les individus présentant des valeurs de δ13C typiques de C4.