Résumé
Le suivi spatiotemporel des espèces est essentiel pour identifier des changements dans leur statut et définir des mesures de gestion visant à améliorer leur conservation. L'abondance est souvent utilisée pour le suivi des populations. Cependant, cette mesure est coûteuse et nécessite un travail de terrain intensif, atteignant des limites dans le contexte d'espèces territoriales faiblement détectables réparties sur de vastes zones. Nous avons développé une métrique spatiale, comme alternative plus efficiente, pour le suivi de ces espèces et présentons le loup gris en France comme cas d'étude. Nous avons construit un modèle d'occupation dynamique pour la population de loups en France et calibré certains paramètres pour transformer les probabilités d'occupation en sites occupés ou inoccupés. Ensuite, nous avons évalué la performance du modèle selon différents scénarios de suivi pour saisir, à la fois à l'échelle nationale et locale, les tendances de la population de loups et d'informer son statut pour l'année en cours et les années précédentes. Nous avons calibré la métrique spatiale afin d'obtenir le meilleur compromis entre les faux positifs et les faux négatifs. Pour ce faire, nous avons cherché la correspondance avec les zones de présence permanente des loups (meutes et non meutes) identifiées à partir d'une détection naïve, ainsi qu'avec les estimations de taille de population obtenues par modèles de capture‐recapture. Le meilleur scénario a permis de prédire efficacement la présence et l'absence des individus, ainsi que l'apparition de nouvelles zones de présence permanente. Cependant, il a moins bien détecté la disparition de ces zones, qui sont généralement recolonisées rapidement lorsqu'elles sont situées dans la zone cœur de la distribution de l'espèce. Les résultats de la métrique spatiale ont été présentés à travers trois éléments: des cartes annuelles de la présence prédite des loups, des estimations annuelles de la zone totale occupée par les loups à l'échelle nationale, et l'évaluation des changements dans l'occupation à l'échelle locale d'une année sur l'autre. Implication pratique . Cette métrique spatiale pourrait être efficace pour suivre les tendances de l'espèce à grande échelle tout en étant plus efficiente en ce qui concerne la collecte de données comparé aux modèles de capture‐recapture à une telle échelle. Tout en tenant compte de la détection imparfaite avec les données de présence‐absence, les différents éléments de la métrique spatiale fournissent également des cartes dynamiques au fil des ans, permettant d'informer le processus de gestion à la fois à l'échelle nationale et à l'échelle locale.