Résumé
Cinq allogreffes bilatérales d’avant-bras ont été réalisées entre janvier 2000 et juillet 2009 à Lyon (France). Le présent article rapporte une analyse de la qualité, à terme, de l’os apporté par ces allogreffes, chez les quatre premiers patients greffés (trois hommes et une femme). Les techniques retenues dans cette étude ont comporté : l’analyse radioclinique, la scintigraphie osseuse, l’IRM, la densitométrie osseuse, et le scanner périphérique à haute résolution (HR-pQCT). L’histologie osseuse n’a pu être réalisée que chez le premier patient greffé unilatéralement en 1998, qui ne fait pas partie du protocole de recherche clinique, après l’amputation de son membre ; suggérant que l’os se comporte comme un tissu cible possible du rejet chronique mais de manifestation limitée et d’apparition probablement assez tardive. Sur le plan clinique, radiologique et scintigraphique, l’intégration du greffon osseux dans les greffes de mains est macroscopiquement bonne comme en témoigne la consolidation et le comportement général de l’os greffé vis-à-vis de fractures, de l’infection et de la croissance. La scintigraphie ne montre pas de variations sensibles par rapport à celles que l’on peut observer au contact du matériel d’ostéosynthèse ou lors d’autogreffe osseuse. L’IRM ne retrouve aucune anomalie focale ou périostée de l’os greffé. L’ostéodensitométrie ne montre pas de différence significative d’avec l’ostéoporose secondaire que l’on peut observer chez d’autres greffés sous traitement immunosuppresseur, sauf chez le sujet féminin qui en est indemne. L’HR-pQCT montre chez les trois sujets masculins une diminution plus importante de la densité volumétrique pour l’os donneur que pour l’os receveur. Compte tenu du faible nombre de patients concernés par cette étude, ainsi que le différentiel de recul important, les résultats présentés doivent être confirmés par un suivi à plus long terme.