Résumé
La lutte biologique peut se définir comme une méthode de lutte contre un ravageur, une maladie ou une plante adventice, utilisant des agents naturels antagonistes de ceux-ci, c’est-à-dire des phytophages (s’il s’agit d’une plante adventice), des parasites, des prédateurs, des agents pathogènes (bactéries, virus, champignons...). Dans tous les cas, les agents naturels utilisés sont réunis sous le concept de biopesticide. Certains, et notamment les auteurs anglo-saxons, en donnent une définition plus large, en y incluant toutes les substances organiques qui ont un effet protecteur sur les plantes, qu’elles soient trouvées dans la nature ou synthétisées chimiquement (extraits végétaux, hormones, phéromones…). Dans le présent article, nous nous situerons à mi-chemin, traitant essentiellement des biopesticides au sens strict du terme, mais en mentionnant quand même les phéromones. La diversité de plus en plus grande des cibles, des agents utilisés, des partenariats (industriels, collectivités territoriales, organismes internationaux…), l’intérêt croissant des pays en développement dans ce domaine, contrastent avec le faible nombre d’applications au stade industriel. Après avoir fait un descriptif de chaque type d’agent utilisé en lutte biologique (mode d’action, contraintes, intérêt , applications, commercialisation, perspectives), nous dresserons un état général du marché mondial actuel des biopesticides, des ses potentialités et des conditions de son développement ; nous évoquerons enfin les réglementations en vigueur dans ce domaine.