Résumé
Les systèmes agricoles connaissent aujourd’hui de profondes mutations, notamment l’émergence dedémarches collectives, qui questionnent les modèles organisationnels traditionnels. Des projetsassocient agriculteurs et éleveurs autour de dispositifs collectifs comme des assolements, élevages ouméthaniseurs. Le potentiel de ces dispositifs en termes de durabilité est questionné. Notre objectif estd’évaluer deux projets contrastés associant cultures et élevages autour d’un dispositif collectif: unassolement en commun et un méthaniseur collectif. Nous souhaitions évaluer les principaux effets deces dispositifs sur la durabilité des systèmes agricoles, et analyser en quoi ils questionnentl’organisation des systèmes agricoles et les méthodes d’étude de la durabilité.Les résultats indiquent que les coopérations étudiées participent à augmenter la durabilité sociale desexploitations en augmentant les liens entre membres. L’effet sur la durabilité environnementale estambivalent avec une tendance à l’intensification des systèmes malgré la mise en œuvre de systèmes etde pratiques qui se réfèrent à des démarches d’agroécologie ou d’écologie territoriale. Au-delà del’objectif commun affiché, les coopérations mises en œuvre se font avant tout au service d’une diversitéde projets individuels. Elles ont contribué à modifier fortement l’identité des agriculteurs au sein dugroupe (nouveau métier, voulu ou subi, de semencier pour des éleveurs, par exemple).L’étude met en évidence des complémentarités entre les échelles individuelles et collectives, ce quiquestionne les modes d’évaluation et d’action à mettre en œuvre pour des systèmes plus durables