Résumé
Les mesures réalisées de manière dense depuis près de 25 ans sur la nappe libre du Continental Terminal près de Niamey (SO du Niger), complétées des quelques observations plus anciennes disponibles, ont montré que la nappe monte de manière continue, y compris lors des sécheresses sévères des années 1970 et 1980. L'explication est désormais bien identifiée : le changement du couvert végétal du fait de l'extension des cultures pluviales de mil a provoqué une modification sensible des conditions de surface, se traduisant par une diminution de l'évapotranspiration et de l'infiltration diffuse au profit du ruissellement concentré. Une concentration sans précédent des écoulements dans les bas-fonds induit une forte augmentation de la recharge profonde, qui existe également sous le réseau de drainage et les zones de rupture de pente. Cette hausse de plusieurs mètres en quatre décennies induit un affleurement permanent de la nappe dans certains bas-fonds du sud-est de la zone étudiée et donc une nouvelle modification des échanges surface-souterrain qui ne sont désormais plus uniquement de la surface vers la nappe. L’eau souterraine devient facilement accessible et constitue désormais une ressource pour le développement d’une petite agriculture irriguée, dont l'irruption modifie à son tour sensiblement le paysage socio-agronomique.