Résumé
L’hypersomnie idiopathique (HI) est une maladie de physiopathologie inconnue, mais une dysrégulation des processus homéostatique et/ou circadien (C) est suspectée. L’objectif de cette étude est d’évaluer la régulation circadienne via l’analyse de la température interne (T°).
Au total, 80 patients (63 femmes, âge 27 [17–55]) avec une plainte d’hypersomnolence sans cataplexie ont bénéficié d’une polysomnographie, de Tests itératifs de latence d’endormissement (TILE), puis de 32h d’enregistrement continu en conditions standardisées (Bedrest) pour quantifier l’allongement du temps de sommeil (TS). Quatre groupes ont été catégorisés selon la présence d’un allongement du TS (Bedrest+≥ 19h) et un TILE pathologique (TILE+≤ 8min). La T° a été collectée durant le Bedrest via une gélule ingestible, et son profil modélisé par un Cosinor, avec extraction du MESOR, de l’amplitude, et de l’acrophase.
Au total, 61 patients ont un diagnostic d’HI, 4 de narcolepsie de type 2, 15 sans diagnostic confirmé. Quatre groupes ont été formés (30 Bedrest+TILE+, 31 Bedrest+TILE-, 6 Bedrest-TILE+, 13 Bedrest-TILE-). Un effet sexe est observé, avec un MESOR supérieur (p<1e-4) et une amplitude réduite (p = 0,003) chez les femmes. L’analyse ajustée sur le sexe ne révèle aucune différence entre les 4 groupes Bedrest/TILE pour le MESOR, l’amplitude ou l’acrophase, ni pour les 3 conditions selon le diagnostic. Le MESOR est supérieur dans le groupe Bedrest- comparé au Bedrest+ (p = 0,01).
Bien qu’un temps de sommeil allongé soit associé à une température inférieure, le processus C, mesuré via la température interne, semble préservé dans l’HI.