Résumé
La structure urbaine du centre historique de la ville de Diyarbakır est en grande partie héritée de la ville romaine d’Amida, comme en témoignent de très nombreux éléments parcellaires encore présents dans le plan actuel de la ville de Diyarbakır, comme des bâtiments ou des limites de parcelles cadastrales. L’analyse détaillée de l’orientation de ces éléments urbains peut contribuer à une meilleure compréhension des différentes étapes de la mise en place de la ville antique d’Amida et de ses extensions spatiales. Cette recherche propose ainsi de comparer deux méthodes d’extraction d’orientations à partir d’éléments urbains de la ville de Diyarbakır. Dans un premier temps, des historiens ont réalisé un relevé manuel des orientations à partir d’une photographie aérienne, qui a permis de dégager deux trames correspondant à deux époques de l’évolution de la ville romaine d’Amida. Ces orientations ont ensuite été comparées à celles extraites automatiquement des bases de données géographiques des parcelles cadastrales et des éléments bâtis saisis à grande échelle. Si les résultats obtenus avec les deux méthodes convergent, ils montrent également des différences, à la fois sur les valeurs d’orientation et sur l’extension spatiale des deux trames observées. Ces différences peuvent contredire les observations initiales, mais sont également sources de nouvelles perspectives de recherche sur les étapes de l’implantation et de l’évolution spatiale des trames urbaines de la ville romaine d’Amida. Enfin, les résultats de cette recherche tendent à montrer que les deux approches sont complémentaires dans la détection des structures urbaines anciennes dans un plan de ville contemporain.