Résumé
L’Organisation mondiale de la santé définit les maladies tropicales négligées (MTN) comme « d'anciennes maladies de pauvreté qui imposent un fardeau humain, social et économique dévastateur à plus d'un milliard de personnes dans le monde, principalement dans les zones tropicales et subtropicales, parmi les populations les plus vulnérables et marginalisées ». Cependant, peu d’intérêts scientifiques et politiques sont portés à ce sujet, traduisant une connaissance insuffisante de leur répartition et des moyens de lutte limités.L’objectif de la thèse était d’évaluer la répartition des MTN en zone rurale du Congo. Pour cela, nous avons en premier lieu effectué une revue de la littérature sur les MTN à chimiothérapie préventive. Nos résultats ont permis d’affirmer que ces maladies restent toutes endémiques, avec des variations géographiques et démographiques. En second lieu, nous avons mené une recherche opérationnelle dans les formations sanitaires des départements de la Bouenza, de la Lékoumou, et de la Sangha. Les résultats ont rapporté que la fièvre (25,7%) était le principal motif de consultation et qu’il y avait peu de plaintes en lien avec les MTN. Enfin, la répartition des antécédents de MTN montre une forte prévalence de géohelminthiases (37,0%), suivies de cinq MTN présentant des variations écologiques : le chikungunya, la schistosomiase urinaire, la filariose lymphatique, la loase et les morsures de serpent. Nos résultats serviront de plaidoyer auprès des autorités, et faciliteront l’orientation des futurs travaux des chercheurs et des acteurs des programmes de lutte.