Résumé
La Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) joue un rôle important dans la détermination structurale des complexes en solution, en particulier dans les systèmes biologiques grâce aux déplacements chimiques induits par les lanthanides. L’utilisation des actinides (An) pour la détermination structurale de complexes en solution n’a jamais vraiment été employée alors qu’elle pourrait être utile dans la recherche sur le cycle du combustible nucléaire et dans les sciences de l’environnement. Pour les complexes [AnO2]2+ (An = Np, Pu), les déplacements chimiques de RMN 1H sont principalement induits par la composante dipolaire, correspondant à l’interaction magnétique entre les électrons célibataires 5f du cation et le spin nucléaire du proton. Cette composante dipolaire dépend à la fois de l’anisotropie de susceptibilité magnétique du complexe et de facteurs géométriques liés aux positions des protons autour du cation. L’objectif de cette thèse est de poursuivre les investigations sur la relation entre les déplacements chimiques des protons et leurs coordonnées au sein d’un complexe en prenant en compte la mobilité des ligands par des simulations de dynamique moléculaire classique. À cette fin, des simulations de dynamique moléculaire ont été réalisées avec des cations [AnO2]2+ et des ligands flexibles comme le TEDGA (un diglycolamide) et la valine (un acide aminé). Les facteurs géométriques en résultant sont confrontés aux déplacements chimiques expérimentaux. Cette étude fournit des informations structurales importantes sur les complexes AnVI, telles que la spéciation en solution et les différents modes de coordination, mais permet aussi de déterminer les composantes d’anisotropie de susceptibilité magnétique des complexes.