Résumé
L’incidence des infections fongiques a augmenté au cours des dernières décennies. Candida est le plus souvent isolé en pathogénie fongique. Candida à l’origine d’infections superficielles provoque en cas de déficit immunitaire, des infections graves (candidémies). Si l’espèce C. albicans reste majoritaire dans les prélèvements (50 à 60%), on assiste à une émergence d’espèces non-albicans associée à une résistance aux antifongiques. Cette étude rétrospective menée sur des patients atteints de maladies fongiques a permis de recueillir 227 isolats de Candida. Avec la méthode conventionnelle, C. albicans était prévalent à 52,6%. Des mélanges de 2 à 4 espèces (36,8%) non révélés lors de la première identification ont permis d’obtenir finalement 315 isolats. La confirmation par MALDI-TOF-MS a montré une prévalence de 35,5% de C. tropicalis. Treize espèces identifiées et 2 complexes d’espèces (C. albicans et C. parapsilosis) mis en évidence. Cette étude justifie le plaidoyer en faveur de l’accès aux techniques de diagnostic plus récentes et fiables pour l’amélioration de la prise en charge dans les affections fongiques. La présence de souches de type non sauvage (NWT) pour le fluconazole montre la nécessité et l’urgence de la mise en place d’un réseau de surveillance de la résistance aux antifongiques dans le contexte africain. Nous avons également réalisé une étude génotypique des souches circulantes montrant une grande diversité au sein des isolats Candida de Côte d’Ivoire. Cependant aucun lien n’a été établi entre la résistance et le génotype.