Résumé
S. aureus est un pathogène opportuniste responsable de nombreux types d’infections nosocomiales ou communautaires. Il possède une grande capacité à produire des facteurs de virulence qui peuvent affecter différents mécanismes de l’hôte comme les modifications post-traductionnelles pour échapper à la réponse immunitaire. Récemment, il a été démontré que l'un des mécanismes utilisés par de nombreux pathogènes comme L. monocytogenes, Klebsiella pneumoniae, E. coli ou encore Salmonella typhymurium pour induire une infection efficiente consiste à inhiber la SUMOylation des protéines de l'hôte afin de favoriser leur survie et leur persistance dans le milieu intracellulaire. Cette altération de la SUMOylation se fait via divers mécanismes d’action. Ainsi chez L. monocytogenes, la diminution de la SUMOylation se fait grâce à l’action de la LLO qui cible l’enzyme Ubc9 de conjugaison de SUMO tandis que chez E. coli c’est l’action de miR-18 sur la PIAS3 E3 ligases. Cette thèse a donc pour objectif, d’étudier la SUMOylation dans le contexte d’infection par S. aureus. Nos résultats montrent que la SUMOylation est importante dans la réponse de macrophages à l’infection. En effet, l’augmentation de la SUMOylation dans les macrophages s’est avérée délétère à la survie intra-macrophagique de S. aureus tandis que l’inhibition de la SUMOylation profite à la survie bactérienne. De plus, nous avons montré, par des analyses de Western blot, que S. aureus est capable d’induire la déSUMOylation de nombreux substrats via la diminution de l’enzyme de conjugaison afin de favoriser sa survie intracellulaire. Cette diminution de la quantité de SUMO a été confirmé par une étude protéomique qui a permis de mettre en évidence 600 protéines substrats pour lesquelles la SUMOylation est moduler après l’infection par S. aureus. Nombreux de ces substrats sont des protéines impliquées dans la réponse immunitaire. C’est le cas de la protéine SAMHD1 dont l’infection par S. aureus induit sa déconjugaison à SUMO1. Nos résultats d’infection montrent que cette protéine, en plus de son activité restrictive du VIH-1, pourrais avoir une activité antibactérienne. Nos résultats ont permis également d’identifier PtpA, un facteur de virulence de SUMO, qui serait potentiellement impliquée dans la régulation de la SUMOylation par S. aureus. En conclusion, cette thèse a permis de montrer que la SUMOylation est importante dans la réponse cellulaire à l’infection par S. aureus. Nous espérons que cette étude pourra être compléter afin de comprendre le mécanisme d’action par lequel S. aureus altère la SUMOylation.