Résumé
Le VIH-1 est l’agent étiologique responsable de la pandémie de SIDA. Il cible majoritairement les LT CD4+ et induit leur déplétion expliquant le développement d’une immunodéficience chez les patients infectés et non traités. Au niveau cellulaire, le VIH-1 fait face à une multitude de réponses immunitaires, intrinsèques et innées, ayant pour rôle de bloquer la réplication virale. Par conséquent, au cours de son évolution, le virus a développé des stratégies pour bloquer cette réponse ou pour l’utiliser à son profit. L’autophagie, voie de dégradation lysosomale, fait partie de ces mécanismes. Ce processus est hautement régulé par les gènes Atgs qui codent pour plus de 40 protéines dont la protéine LC3B connue pour s’ancrer, par sa conjugaison à des lipides, aux membranes autophagiques. Les protéines ATGs ont été identifiées lors de l’étude exhaustive de l’autophagie mais il est maintenant évident qu’elles exercent des rôles indépendants. L’équipe dans laquelle j’ai effectué ma thèse est pionnière dans l’étude du rôle de l’autophagie au cours de la réplication du VIH-1. Dans ce cadre, elle a mis en évidence que LC3B est conjuguée dans les toutes premières étapes de l’infection des LT CD4+ par le VIH-1. L’objectif de ma thèse était de comprendre le rôle de cette protéine dans les premières étapes du cycle de réplication du virus. Mes travaux mettent en lumière un rôle de LC3B dans l’étape d’entrée du virus dans ses cellules cibles. Fait intéressant, la conjugaison lipidique de cette protéine est requise pour exercer cet effet qui est, par ailleurs, indépendant de son rôle dans l’autophagie canonique. De plus, j’ai pu montrer que LC3B est enrichie proche des sites d’entrée viraux à la membrane plasmique. Mes résultats mettent en évidence une nouvelle stratégie de détournement de la machinerie cellulaire utilisée par le VIH-1 afin de réaliser une étape cruciale de son cycle de réplication.