Résumé
Les moustiques récemment éclos ne peuvent survivre longtemps sans se nourrir des nutriments issus des plantes. Ce comportement qui est un élément clé de l'écologie des moustiques, couplé à la transmission des agents pathogènes, ne peuvent être ignorés. Il est donc essentiel de comprendre la relation écologique dynamique entre les moustiques vecteurs, les plantes et le parasite pour lutter contre les maladies transmises par ces vecteurs tel que le paludisme. En outre, l'inhibition du développement du Plasmodium chez les moustiques vecteurs est fondamentale. Beaucoup d’études dans le passé se sont concentrées sur la recherche des extraits de plantes et des molécules antipaludiques létales pour les parasites au stade sanguin. Néanmoins, peu d’études ont mis au point des composés pour cibler les plasmodies chez les moustiques vecteurs et bloquer ainsi leur transmission. Dans cette thèse, nous évaluons le rôle des plantes à fleurs sur certains paramètres tels que la survie des moustiques vecteurs, leur sensibilité aux insecticides, leur préférence parmi certaines espèces de plantes et leur capacité à transmettre Plasmodium falciparum. Également, l’alcaloïde ricinine et deux antipaludiques et leur combinaison ont été évalués afin de déterminer leur rôle dans le blocage de la transmission de P. falciparum. Pour mener à bien notre étude, des tests de sensibilité (Tubes OMS), un screening de plantes, des tests de comportement à choix multiples et des infections expérimentales ont été mis en place. Nos résultats indiquent que les moustiques Anopheles gambiae s.l. issus des collectes de larves de terrain, ont vu leur sensibilité partiellement restaurée après exposition à la deltaméthrine 0,05% pour ceux s’étant nourri préalablement sur Barleria lupulina pendant 4 jours. Aussi, après une prospection sur un large gamme de plantes, nos résultants révèlent que les espèces de plantes influençaient différemment la survie des moustiques Anopheles coluzzii soit en l’améliorant, soit en la réduisant significativement comparé à la solution contrôle de glucose 5%. Aussi, De plus, après des tests de comportement à choix multiple, l’espèce de plante Combretum indicum était la plus attractive pour les moustiques, mais avait la plus faible teneur en sucre et offrait le plus faible taux de survie, d'insémination et de positivité de fructose. Ce qui voudrait dire que la performance des moustiques vecteurs n’était pas positivement corrélée à leur préférence pour les plantes. Les espèces de plantes n’ont pas montré une activité antiparasitaire en réduisant ou en bloquant l’infection à P. falciparum des moustiques Anopheles coluzzii et Anopheles gambiae. Aussi, la ricinine, l’alcaloïde contenu dans le nectar de Ricinus communis a significativement réduite la longévité des moustiques de ces deux espèces de moustiques. A la concentration de 0,04g/l, la ricinine n'a eu aucun effet sur l'infection des moustiques An. coluzzii, tandis qu'à la concentration de 0,08g/l elle a induit une augmentation de 14 % du taux d'infection chez An. gambiae. Enfin, les antipaludiques cycloguanil, atovaquone et leur combinaison cycloguanil+atovaquone ont montré leur capacité d’inhibition de P. falciparum chez le moustique An. gambiae. Globalement, les travaux de cette thèse ont permis d'accroître nos connaissances concernant l’écologie des interactions moustiques-plantes. Dans une perspective de contrôle du paludisme, d’autres études utilisant une plus large gamme de plantes et d’extraits de plantes devront être menées afin de mettre en évidence des espèces végétales et extraits bloquant la transmission du parasite P. falciparum responsable du paludisme.