Résumé
Cette thèse explore le potentiel didactique de la chanson française dans l’enseignement du français langue étrangère (FLE) auprès d’apprenants sinophones. Partant du constat que l’oral demeure la compétence la plus fragile pour les étudiants chinois, en raison de déterminants historiques, institutionnels et culturels (primauté de l’écrit, éducation axée sur les examens, faible valorisation de l’expression émotionnelle), cette recherche interroge la manière dont la chanson peut constituer un levier d’apprentissage. Le dispositif empirique s’appuie sur une enquête menée auprès de 147 étudiants et 8 enseignants de l’Université des Langues Étrangères de Dalian. Les données, recueillies à travers des questionnaires, des entretiens et des séquences expérimentales intégrant plusieurs chansons, ont été analysées selon une approche thématique inductive. Les résultats montrent que la chanson favorise la perception et la reproduction des sons difficiles pour les sinophones (consonnes voisées, voyelles nasales), améliore la maîtrise du rythme et de la prosodie, et facilite l’appropriation des structures idiomatiques et culturelles du français. Sur le plan affectif, elle contribue à réduire l’anxiété langagière, à renforcer la confiance en soi et à stimuler la motivation. En définitive, la chanson s’impose comme un outil multimodal et interculturel, capable de transformer l’enseignement de l’oral en Chine : au-delà du simple divertissement, elle s’avère être un vecteur de communication authentique et de développement langagier à part entière.