Résumé
Notre travail de thèse avait pour objet l’étude du potentiel anti-diabétique des urolithines A, B, C et D, métabolites de polyphénols formés par le microbiote colique à partir des tanins de l’acide ellagique (présents notamment dans la grenade et les noix). La première partie, bibliographique, constitue un rappel :•de la régulation de l’équilibre glycémique et le rôle de la sécrétion d’insuline dans cette régulation ; •de l ‘épidémiologie et la physiopathologie du diabète type 2 (DT2) ; •des polyphénols et leurs métabolites, ainsi que de leurs effets antidiabétiques potentiels.La seconde partie décrit les effets des urolithines sur différents modèles expérimentaux : •Sur un modèle de cellules β insulino-sécrétrices (lignée INS-1), les urolithines induisent une amplification concentration-dépendante de la sécrétion d’insuline induite par le glucose, mais également par d’autres sécrétagogues comme un analogue du GLP-1 ou une sulfonylurée (médicaments utilisés dans le diabète). Les urolithines préviennent également l’altération sécrétoire induite par un stress oxydant. •L’effet insulino-sécrétoire des urolithines a été confirmé sur îlots de Langerhans isolés. •L’urolithine C étant apparu comme le composé le plus prometteur, nous avons poursuivi la caractérisation de son activité sur un modèle ex vivo mimant la situation physiologique, le pancréas isolé perfusé. Alors que l’effet sécrétoire de l’urolithine C n’apparaît pas en présence de 5mM de glucose, l’urolithine C (20µM) a stimulé la sécrétion d’insuline dans des conditions de stimulation modérée de la sécrétion d’insuline par le glucose (8.3mM). Cet effet est strictement dépendant du glucose, la sécrétion d’insuline retournant immédiatement à son niveau basal lors du passage de 8,3 à 5mM de glucose en présence d’urolithine C. •Des études de pharmacocinétique ont permis de mettre au point une méthodologie de dosage plasmatique de l’urolithine C dans le plasma de rat par chromatographie liquide / ionisation electrospray /spectrographie de masse en tandem. Cette méthodologie a été appliquée à une première étude pharmacocinétique chez le rat après injection de 10mg/kg d’urolithine C par voie intra-péritonéale. Cette étude montre notamment que le profil pharmacocinétique suit un modèle à 3 compartiments et suggère un stockage tissulaire du composé.D’autres résultats (confidentiels) ne peuvent être évoqués dans ce résumé mais confirment l’intérêt potentiel de l’urolithine C dans le traitement du diabète de type 2 en tant que médicament insulinotrope dépendant du glucose.