Résumé
La plupart des tétrapodes actuels, possède dans leur cavité nasale, des rouleaux osseux que l'on appelle les turbines (= turbinaux). Parmi eux, les mammifères ont en moyenne les turbines les plus développées et, qui sont généralement divisées en deux catégories : les turbines respiratoires et olfactives. Les turbines respiratoires participent à la conservation de la chaleur et de l'humidité alors que les turbines olfactives interviennent dans les processus de détection des odeurs. Malgré quelques études chez les primates, Carnivora, chauves-souris, lagomorphes ainsi que chez les rongeurs, notre compréhension globale des pressions de sélection affectant les turbines reste incomplète. Cette thèse avait pour objectif de caractériser les facteurs évolutifs expliquant la grande diversité anatomique, morphologique mais également de taille et de complexité des turbines. A l’aide d’une technologie d’imagerie non destructive, la tomographie à rayons X (= micro-CT), nous avons généré un jeu de données sans précédent sur les turbines de rongeurs et les petits mammifères terrestres. Ainsi, nous avons pu tester statistiquement des hypothèses évolutives en lien avec l'écologie (p. ex. régime alimentaire ou milieu de vie), la convergence (= acquisition indépendante d’un caractère dans des lignées non directement apparentées) ou les compromis évolutifs (p. ex. conflits entre deux structures anatomiques pour l’espace dans la cavité nasale).Ce manuscrit de thèse, tente de réaliser une révision non exhaustive sur l’état du domaine de l’étude de l’olfaction et aborde brièvement la question de la conservation et de l’humidité. A la lumière de nos travaux, nous discutons des limites méthodologiques et conceptuelles de ces domaines d’étude ainsi que les difficultés liées à l’étude de l’olfaction. En effet, l’olfaction peut être abordée par différentes approches méthodologiques (p. ex. morphologie, histologie, génomique) et via différents proxies anatomiques (p. ex. turbines, bulbe olfactif, organe voméronasal). Dans ce contexte, nous avons entrepris des travaux intégratifs allant de l’étude de différents organes olfactifs à l’immuno-histochimie et en passant par la transcriptomique.