Résumé
Pour atteindre l'objectif national d'élimination du paludisme, il est nécessaire de comprendre le risque de transmission du paludisme dans le contexte local. Ce projet vise à identifier le risque de transmission du paludisme en Thaïlande, dans la province de Sisaket qui borde le Cambodge et qui est historiquement reconnue comme une zone à forte prévalence de paludisme. La thèse comporte plusieurs volets : i) une analyse bibliographique de la transmission du paludisme et de son évolution après la mise en œuvre de stratégies de contrôle et d'élimination en Thaïlande et au niveau local, ii) une enquête entomologique pour étudier la dynamique spatio-temporelle des anophèles vecteurs dans la province de Sisaket, iii) le développement d'un nouveau test moléculaire pour améliorer la spécificité et la sensibilité dans l'identification des espèces du complexe Anopheles dirus, iv) une enquête sérologique utilisant le biomarqueur gSG6 P1 pour mesurer l'exposition aux piqûres de moustiques anophèles, v) une enquête en sciences sociales pour examiner les connaissances, les attitudes et les pratiques (KAP) parmi les populations locales dans les zones à risque de transmission, et vi) une évaluation de répulsifs anti-moustiques en semi-champ et sur le terrain. Dans l'ensemble, les données de ce projet ont montré qu'An. dirus est le principal vecteur et ont confirmé grâce au peptide gSG6 P1 que le risque de contracter le paludisme est élevé parmi les participants engagés dans des activités dans les plantations d’hévéas et en forêts. Par conséquent, il est essentiel de donner la priorité à des mesures de lutte antivectorielle efficaces et intégrées, ainsi qu'à l'éducation à l'échelle locale, pour les groupes à risque afin d'éliminer le paludisme et d'empêcher sa réapparition.